Le Retail Park de Auterive : l’art au service de la mémoire

Vincent BLACHOT

C’est à Auterive, à une trentaine de kilomètres de Toulouse qu’Obazyne a entrepris  la réalisation d’une zone commerciale : le Retail Park d’Auterive. Ce projet a un double objectif : redonner une attractivité à une friche industrielle et proposer aux habitants une offre de commerces et de services non satisfaite à ce jour. Point original du projet : Obazyne a souhaité que l’art y trouve sa place et a demandé à un artiste plasticien d’y créer une œuvre qui restera sur le site.
Vincent BLACHOT, co-fondateur de Obazyne, nous en dit plus sur ce projet.

Il n’est pas habituel de trouver de l’art contemporain dans un centre commercial. Pourquoi et comment une société de promotion immobilière comme Obazyne s’est-elle lancée dans cette aventure ?

Le site du futur Retail Park est une ancienne usine de fabrication de béton. Sur le terrain, il y restait une citerne à béton qui, tout de suite, m’a marqué…

Ce qui nous distingue chez Obazyne c’est justement notre vocation à penser différemment, à faire de la promotion immobilière autrement, à innover. C’est notre ADN et cela se traduit notamment en s’investissant dans le domaine artistique, dans le mécénat, dans le monde associatif. Notre « slogan » n’a rien à voir avec le hasard : « Obazyne, promoteur de valeurs ».

Par ailleurs,  un certain nombre de nos collaborateurs et les associés d’Obazyne sont très sensibles à l’art, l’innovation et le développement durable. Ils souhaitent et donnent l’impulsion à un investissement fort, en fonction de nos moyens, dans ce genre de projets. Cela fait partie de l’écosystème Obazyne, ne pas faire seulement des programmes de promotion immobilière à vocation exclusivement financière mais également philanthropique, esthétique, socialement et écologiquement responsable.

Comment vos partenaires ont-ils accueilli cette idée ?

Le maire a été très réceptif à notre idée, une idée innovante qui permet de s’inscrire dans une entrée de ville esthétique. C’est un atout important pour le maire et ses administrés, pour l’image de la vile.

Vous avez donc choisi l’artiste plasticien Medhi MELHAOUI pour réaliser une œuvre sur le site. Qu’est ce qui a motivé votre choix ?

Je suis tombé sur une des œuvres de Medhi sur le port de Marseillan (la « Vague S11 »), zone sur laquelle nous avions envisagé un projet. Cette œuvre m’a interpelée. Je me suis donc intéressé à son parcours qui me parlait : sa jeunesse, ses origines métissées, son univers. En voyant la cuve, Medhi a tout de suite adhéré à mon idée de « recyclage » ou plutôt de valorisation et j’ai moi aussi immédiatement apprécié ses premières ébauches.

La cuve de béton abandonnée sur le site m’a tout de suite fait pensé au film « Bagdad Café ». Pourquoi elle est demeurée là après la désaffection de l’usine de béton ? Je l’ignore. Mais elle est là, et il m’est apparu naturel dans l’état d’esprit qui est celui d’Obazyne d’essayer de conserver l’histoire du site, du territoire, de tenter de « recycler » l’existant, de l’intégrer esthétiquement dans notre projet de promotion.
Il existait d’ailleurs une charpente métallique historique du site. Malheureusement, celle-ci n’a pas été conservée. C’est dommage, je suis sûr que nous aurions aussi pu la valoriser, inventer quelque chose.

La cuve de béton dans son état actuel et un croquis du projet

Envisagez vous de reproduire ce type d’expérience sur d’autres projets ?

Chaque fois que ce sera possible, nous souhaitons intégrer dans nos projets de promotion ce type de partenariat avec le monde artistique et le monde associatif, en grande difficulté actuellement. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à l’implantation d’une œuvre dans notre projet d’Aurillac.

Medhi MELHAOUI

« La demande initiale était de travailler autour de la mémoire, de garder une trace de cette zone industrielle et de son passé. Utiliser un objet qui a fait partie de ce passé, qui en a été un « acteur » avec une réelle fonction de production, puis a été laissé là, désormais inutile… Cela pose la question de notre rapport au passé, aux ruines. Que fait-on après le désastre ? »
Questionnement qui est au centre du travail de Medhi MELHAOUI  et qui prend tout son sens aujourd’hui au travers des événements que nous vivons actuellement.

Le projet

Le projet consiste donc à transformer l’ancienne cuve à béton restée sur place pour lui donner un caractère sacré.

La cuve métallique de 3m de haut sera percée de sorte de fenêtres où seront installés des vitraux qui lui donneront des allures de cathédrale. Les vitraux seront dans une couleur bleue, type bleu Klein, l’eau étant également un élément important dans le travail de Medhi MELHAOUI. La lumière des cathédrales se découvre de l’intérieur, l’artiste devra donc découper le bas de la cuve pour ouvrir l’espace intérieur et permettre au visiteur de voir la lumière.

Des vitraux de 3 m de haut

Les vitraux seront réalisés par un maître verrier spécialisés dans les vitraux, Carlo ROCCELA. Ce travail est délicat du fait de l’exceptionnelle hauteur des pièces à réaliser. Des tests de couleur et de résistance sont donc réalisés au préalable dans les ateliers du maître-verrier.

Les premiers essais de vitraux réalisés par Carlo ROCCELA