Rencontre avec Michel ROUX, dirigeant de HMR

Pouvez-vous vous présenter et décrire en quelques mots votre parcours ?

Il se trouve que j’avais prévu de poursuivre des études pour devenir professeur d’éducation physique. Oui, j’aurai dû passer ma vie professionnelle à l’école à entraîner des enfants. Je ne crois pas avoir jamais bénéficié d’une quelconque orientation scolaire pourtant, le jour des inscriptions, je me suis retrouvé en CAP charcutier traiteur.

Plus tard, mes parents avaient racheté une boutique de 500 m2 à l’enseigne les Marchés d’Oc de Monsieur ESCOULAND à Cazères. Vous savez, c’est un marché historique dans des halles, où plusieurs commerçants intervenaient dans le même local. A l’âge de 18 ans, mon CAP en poche, j’ai repris cette boutique.

En 1990, j’ai créé un magasin Champion de 1200m2 avec une galerie de 8 boutiques. Aujourd’hui, c’est un Carrefour Market de 3400 m2. Depuis ce temps, tous les 2 ans soit j’ai créé un magasin soit j’ai racheté un point de vente ou un magasin. Je n’ai cessé de développer mes activités. J’interviens essentiellement dans des zones semi-rurales de la grande région toulousaine.

Vous gérez aujourd’hui une douzaine d’entreprises de différentes enseignes. Comment devient-on dirigeant d’une Holding du sud-ouest de la France ?
Quels sont vos moteurs ? 

En effet, j’ai aujourd’hui une douzaine d’entreprises (des enseignes de commerces, des Carrefour Market, des magasins Sport 2000) regroupées au sein d’une Holding. Cette forme juridique permet d’accélérer le développement.

S’agissant du sud-ouest, j’y suis né, c’est ma région et j’y suis très attaché. Vous connaissez sans doute les poncifs qui courent à ce sujet, pourtant certains sont vrais : la chaleur, les liens humains, la douceur de vivre, la parole même fleurie est respectée. Ce sont des principes primordiaux dans ce métier. Et ils font partis de mes moteurs. Mais mon moteur essentiel, le plus important je crois, c’est le commerce. Un dicton nous enseigne que « qui n’avance pas, recule ». Quand on créé un magasin, il faut comprendre l’offre commerciale et la compléter.

A une époque, 3 boutiques représentaient un centre commercial. Ensuite, 10 boutiques représentaient un centre commercial. Aujourd’hui, il faut des moyennes surfaces pour compléter l’offre autour d’un Carrefour Market par exemple, avec un Centrakor et un Sport 2000.

Bien comprendre l’offre commerciale, la compléter, bien répondre à la zone de chalandise, être toujours en mouvement.

…la chaleur, les liens humains, la douceur de vivre, la parole même fleurie est respectée. Ce sont des principes primordiaux dans ce métier. Et ils font partis de mes moteurs.

Je n’avais bien entendu jamais envisagé de développer mon activité dans ces proportions; les choses se sont faites au fur et à mesure, presque naturellement, au gré des rencontres. Et on en revient aux liens humains, les rencontres que l’on fait dans ce métier sont nombreuses. Et puis, il y a les équipes sur lesquelles on s’adosse.

Si on peut se développer, quel que soit le métier ou l’activité, c’est aussi grâce aux équipes, aux collaborateurs qui s’investissent, et toute ma démarche RH est de faire grandir, de faire avancer mes collaborateurs. C’est aussi ça qui fait la différence.

Vous avez monté de nombreuses opérations commerciales, dans différents domaines. Quels sont, selon vous, les critères qui font la réussite d’un projet ? Qu’est ce qui peut faire la « différence » ?

Ce qui fait la réussite d’un projet commercial, c’est son lieu d’implantation. Il faut bien connaître les zones de chalandise, le flux des consommateurs. Comme je vous le disais, connaître, comprendre et répondre à la demande de la zone et de ses chalands.

Ce qui fait la différence c’est le travail : bien étudier, bien implanter et s’entourer de femmes et d’hommes de talents.

Le commerce est aujourd’hui mis à mal du fait de la crise sanitaire que nous traversons. Pensez-vous que cette situation particulière aura des conséquences durables sur notre façon de faire du commerce à l’avenir ?

Vous savez dans toute crise, dans toute situation même en dehors d’une crise, il y a des opportunités et il faut être assez attentif, assez agile, assez disponible pour pouvoir les saisir.

Je pense que la crise, et celle-ci en particulier, influencera sans doute la manière dont on fait du commerce. Mais la crise, à mon sens, ne modifie que momentanément la manière de consommer des personnes, ou plutôt elle amplifie cette manière de consommer et les tendances de consommations ; elle fait apparaître des dualités dans ce que souhaite, ce qu’attend le consommateur. Par exemple, le consommateur souhaite consommer local et il commande aussi des produits sur les plateformes internet.

C’est difficile aujourd’hui pour les enseignes de centre-ville : les loyers sont chers et les centre-ville se vident même de leurs habitants, il a moins de logement et plus d’institutions. Beaucoup d’enseignes de centre-ville développent une stratégie multi-formats avec une présence en centre-ville et une présence en périphérie. Même Amazon ouvre des commerces physiques !

Dans des moments comme celui que nous vivons depuis un an, il faut donc être souple, agile. Pour cette raison, la crise avantage en réalité les plus petits au détriment des gros, à court terme. C’est pendant ce terme qu’il faut s’avoir saisir les opportunités : être plus agile donc, une unité de temps de décision plus courte, être plus proche de la réalité.

La crise fait apparaître des dualités dans ce que souhaite, ce qu’attend le consommateur. Par exemple, le consommateur souhaite consommer local et il commande aussi des produits sur les plateformes internet.

Quels conseils prodiguer à une jeune société de promotion comme Obazyne dans ce nouveau contexte ? Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre collaboration avec Obazyne ?

Je ne me permets pas de donner de conseils à quiconque en général, et encore moins dans le cas particulier d’Obazyne : avez-vous vu la progression qui a été la sienne en un peu plus de 2 ans seulement !

Je vous ai dit ce qui faisait pour moi la différence : souplesse, agilité, travail et compétences. Ce sont les mêmes principes que je retrouve chez Obazyne et dans les quelques projets pour lesquels j’ai collaboré avec eux, j’ai eu affaire à des femmes et des hommes d’expérience et de compétences. Les jeunes ne sont pas non plus dénués de talent et ils sont à bonne école pour progresser et grandir.

Je connais Vincent BLACHOT et quand je côtoie ses collaborateurs, je retrouve en eux les mêmes fibres qui le composent : le client est au centre des préoccupations, les prises de décisions sont rapides (c’est primordial dans notre métier), la convivialité au travail, la confiance et un engagement total des équipes. 

J’en déduis que c’est Vincent qui se charge du recrutement ? Il faudra peut-être l’interviewer…